Les députés de la 10e législature de l’Assemblée nationale du Bénin suivent, depuis ce matin, au Millenium Popo Beach d’Agoué, un séminaire d’immersion placé sous l’autorité du Président Joseph Fifamin Djogbénou. Ledit séminaire, démarré le mardi 12 mai 2026, a pris fin le jeudi 14 mai 2026. Il porte tous les espoirs d’une 10e législature focus pour de meilleurs résultats.
Selon Christel-Fourier Donkpègan, Secrétaire général administratif de l’Assemblée nationale, cette rencontre permettra aux 109 députés de s’approprier les outils intellectuels et procéduraux indispensables à l’exercice efficace de leur mandat parlementaire.
À cet effet, plusieurs communications ont été prévues. Huit au total ont meublé la première journée de ce conclave parlementaire. Elles portent sur : l’organisation politique de l’Assemblée nationale, son organisation administrative, son organisation financière, l’organisation des ressources humaines et les formations, les organes de formation continue et d’appui, les avantages et les sujétions des députés, le protocole et la diplomatie parlementaire, et enfin le groupe de sécurité de l’Assemblée nationale au service de l’institution parlementaire, ainsi que bien d’autres thématiques. Ces huit communications ont, par ailleurs, été suivies de débats très enrichissants.
Se connaître pour mieux servir
À l’ouverture de cet atelier, dont l’éclat a été rehaussé par la présence du Préfet du Mono et des représentants de certaines institutions de la République, dont le Conseil économique et social, le Président Joseph Fifamin Djogbénou a situé le contexte qui sous-tend l’organisation de cet atelier.
« Exercer un pouvoir, c’est le comprendre. Même si le règlement intérieur ne nous l’imposait pas, nous sommes appelés à répondre à ce à quoi la Nation nous convie d’agir et aux missions qu’elle nous donne le pouvoir d’exercer. Le contexte, qui est celui des grandes réformes républicaines que nous devons à la 9e législature, s’y prête, notamment en ce qui concerne l’importante modification de la Constitution qui a conduit à renforcer le socle institutionnel de notre pays », a-t-il poursuivi, avant de souligner que désormais le mandat de toutes les institutions est de 07 ans.
« Désormais, nous ne sommes plus les seuls dans le processus législatif. Et, de ce point de vue, il était important pour nous-mêmes de comprendre ce dont il s’agit. Comprendre, c’est d’abord se connaître soi-même. Comprendre, c’est ensuite connaître les autres. C’est l’exercice que nous allons faire au cours de ces trois jours de conclave », a martelé le Président de l’Assemblée nationale.
« Nous sommes le Parlement. Nous ne sommes plus seuls. Nous ne sommes plus seulement l’Assemblée nationale, mais le Parlement. Quel en est le contenu ? Les missions ont-elles changé ? Sans doute. Mais comment allons-nous les exercer ? Se connaître, c’est ensuite connaître le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Nous, députés, sommes dans un périmètre administratif qui agit sur l’exercice de notre mission, qui constitue le moyen d’exercice de nos fonctions. Se connaître, c’est aussi connaître le processus législatif. L’une des missions importantes de l’Assemblée nationale, c’est de produire la loi, c’est de fabriquer la loi. Mais comment fabriquons-nous la loi dans le contexte d’aujourd’hui, avec le règlement intérieur dont nous disposons ? Se connaître, c’est aussi se renseigner, se former sur le contrôle de l’action gouvernementale. Comment exercer ce pouvoir de contrôle dans le contexte que je viens de décrire ? », a dit le Président Djogbénou.
Connaître aussi les autres
Au-delà de se connaître, il est important, selon Joseph Djogbénou, de connaître les autres, surtout dans un contexte où l’Assemblée nationale est désormais composée de deux chambres. Et c’est là le second volet de son intervention.
« Dans le processus législatif, nous ne sommes plus seuls. À droite, nous avons le Conseil économique et social, qui est un partenaire stratégique de l’Assemblée nationale au regard de la modification de sa loi organique. À droite, nous avons le Sénat, qui est la 2e chambre du Parlement de notre pays et dont les attributions sont aussi importantes. Il nous importe de mieux connaître le Sénat. C’est notre premier devoir. Nous ne pouvons pas mieux nous connaître sans mieux connaître le Sénat. Et puis, en hauteur, il y a le gouvernement. Nous connaître, c’est donc savoir comment nous allons exercer notre attelage avec le gouvernement. Nous avons la Cour suprême, la Cour constitutionnelle. Ces institutions, en leur représentation, passeront devant nous. Les autres, ce sont aussi nos partenaires stratégiques, les représentations internationales dans les actions qu’elles développent au profit des citoyens béninois et dont nous devons tenir compte des intérêts dans le contexte national et international actuel. Les autres, ce sont aussi le système des Nations Unies. Il importe que les députés comprennent les programmes que nous développons avec ces systèmes-là », a souligné le Président.
Il garde le ferme espoir que de ce conclave sortiront de bonnes recommandations qui permettront à la 10e législature d’atteindre ses objectifs.
✍️ Louis ADJE



