Bénin : les grossesses et avortements en milieu scolaire, un défi de santé publique et d’éducation qui persiste
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PAR Rédaction

Chaque année à l’approche des examens, les établissements secondaires du Bénin font face à un phénomène silencieux : les grossesses en cours de scolarité et les tentatives d’avortement qui en découlent. Un sujet tabou, aux conséquences sanitaires, scolaires et sociales lourdes pour les adolescentes concernées.
Un phénomène aux causes multiples
Selon les professionnels de santé et les acteurs de l’éducation, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène en milieu scolaire : manque d’information sur la santé sexuelle et reproductive, précarité, pression sociale, absence de dialogue parents-enfants, et dans certains cas, violences.
Face à une grossesse non désirée, certaines élèves, par peur du renvoi, du jugement de la famille ou de la stigmatisation, se tournent vers des solutions à risque. Des avortements pratiqués dans la clandestinité, souvent avec des méthodes traditionnelles ou des médicaments obtenus sans encadrement médical.
Des conséquences sanitaires et scolaires graves
Les médecins alertent : les avortements non sécurisés exposent les jeunes filles à des risques élevés de complications : infections, hémorragies, infertilité, et dans les cas les plus graves, décès.
Sur le plan scolaire, une grossesse entraîne très souvent une déscolarisation, même temporaire. Conséquence : décrochage, perte de chances et cycle de précarité qui peut se poursuivre.
« Derrière chaque cas, il y a une jeune fille dont l’avenir est en jeu. L’enjeu est à la fois de santé, d’éducation et de protection », souligne un responsable d’ONG intervenant dans les collèges.
Que prévoit la loi et quelles sont les réponses ?
Au Bénin, la loi n°2021-12 du 20 décembre 2021 portant santé sexuelle et de la reproduction autorise l’interruption volontaire de grossesse dans des cas précis et uniquement dans un cadre médical sécurisé, avec l’accompagnement de professionnels de santé. En dehors de ce cadre légal et médical, l’avortement expose à des risques pénaux et sanitaires majeurs.
Pour prévenir, l’État, à travers les ministères en charge de la Santé, de l’Enseignement secondaire et de la Famille, ainsi que des organisations de la société civile, multiplient les actions :
1. Sensibilisation dans les collèges et lycées sur la santé sexuelle, les risques et les droits.
2. Centres de santé scolaires et centres de jeunes : des lieux d’écoute et d’information confidentielle.
3. Accompagnement psychosocial pour les élèves en situation de grossesse afin de favoriser le maintien à l’école.
4. Formation des enseignants et des parents au dialogue et à l’orientation.
Vers plus de dialogue et de prévention
Les acteurs s’accordent sur un point : la répression seule ne suffit pas. L’urgence est de parler, d’informer et d’orienter.
Si vous êtes élève, parent ou enseignant confronté à cette situation, il est essentiel de se tourner vers des professionnels : un médecin, une sage-femme, un centre de santé, ou un service d’écoute et de conseil. Ils peuvent apporter une information fiable, un accompagnement médical sécurisé et un soutien psychologique.
Protéger la santé et l’avenir des jeunes filles passe par la prévention, l’éducation et l’accès à des services de santé adéquat.
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