(Il a défendu une thèse consacrée à la planification et à la gestion durable des destinations touristiques.)
À travers sa vision « Bénin 2060 ALAFIA, un monde de splendeurs », l’État béninois affiche une ambition claire : faire du tourisme un puissant levier de développement économique, culturel et territorial. Derrière les grands projets de valorisation du patrimoine, des sites historiques et des espaces naturels, une autre bataille se joue discrètement : celle des compétences humaines capables de porter durablement cette transformation. Et sur ce terrain, certains cadres béninois semblent avoir une longueur d’avance. Le lundi 18 mai 2026, le Béninois Léopold SODANSOU a soutenu avec succès une thèse de doctorat à l’Université de Séville, en Espagne, devenant ainsi Docteur en planification et gestion des destinations touristiques. Une consécration académique qui traduit surtout un engagement profond au service du tourisme béninois.
Une expertise née des réalités du terrain
Ancien guide touristique au Parc W puis Directeur du Développement du Tourisme au ministère du Tourisme et de la Culture, Léopold SODANSOU connaît les réalités du terrain autant que les exigences institutionnelles. C’est justement cette double expérience qui l’a conduit à identifier un problème majeur : le manque d’expertises nationales capables d’accompagner efficacement les ambitions touristiques du Bénin.
Dans le résumé de ses travaux doctoraux, le chercheur rappelle que le tourisme s’est imposé comme un levier stratégique de croissance dans le monde, mais que sa durabilité dépend fortement de la capacité des États à intégrer les communautés locales, la gouvernance participative et la protection des ressources naturelles.
Son étude, centrée sur la Réserve de biosphère transfrontalière W, met en lumière les limites actuelles des politiques de tourisme durable, notamment le faible niveau d’implication des populations locales et l’insuffisance des mécanismes de gouvernance participative.
Une vision en phase avec les ambitions du Bénin
Ces constats rejoignent d’ailleurs les nouvelles orientations du gouvernement béninois qui, dans sa vision 2060, entend faire du tourisme un secteur structurant de l’économie nationale. L’ambition affichée est de positionner le Bénin comme une destination incontournable en Afrique grâce à son patrimoine culturel, mémoriel et écologique.
Ouidah, Ganvié, Abomey, Porto-Novo, Nikki ou encore les parcs de la Pendjari et du W sont appelés à devenir de véritables pôles touristiques régionaux. Une approche qui vise non seulement à renforcer l’attractivité du pays, mais aussi à faire du tourisme un outil d’aménagement du territoire et de création de richesse locale.
Le pari du capital humain
Mais pour Léopold SODANSOU, les infrastructures seules ne suffisent pas. Il faut également former des cadres compétents capables de planifier, gérer et promouvoir des destinations adaptées aux réalités locales. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussé à reprendre le chemin des études après son passage au ministère.
Avant sa thèse à Séville, il a suivi un Master en tourisme durable et technologies de l’information à Barcelone afin de renforcer ses compétences en marketing touristique digital et en gestion des destinations.
À travers cette démarche, le chercheur béninois incarne finalement la vision d’un tourisme pensé par des experts nationaux, enracinés dans les réalités du pays et capables de concilier recherche scientifique, développement territorial et valorisation culturelle.
Dans un contexte où le Bénin veut faire du tourisme un instrument de rayonnement international, son parcours apparaît aujourd’hui comme l’illustration d’une conviction forte : le véritable moteur du tourisme béninois sera avant tout le capital humain.
✍️ Jannot AMESOUWE


