La Plateforme des Promoteurs et Acteurs pour le Développement des Médias (PADeM-Bénin) célèbre la 33e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le lancement des activités dans ce cadre, a eu lieu le samedi 02 mai, au terrain synthétique d’Akassato. Occasion pour le Président Ilarion Kingnon d’appeler à un partenariat renforcé entre l’État et les médias, tout en invitant les journalistes à consolider leurs pratiques professionnelles dans un esprit de responsabilité .
L’édition 2026 est placée sous le thème : «Façonner un avenir de paix : promouvoir la liberté de la presse pour les droits humains, le développement et la sécurité ». Devant les membres de la plateforme, le Conseiller à la HAAC Basile TCHIBOZO et plusieurs invités, Ilarion Kingnon a ouvert son adresse en appelant à la franchise et à la sérénité dans le débat public.
Le président de la PADeM-Bénin a d’abord rappelé que la paix se cultive et qu’elle peine à s’épanouir quand l’information circule difficilement. Il a évoqué les défis actuels de la corporation. Ce dernier y voit des journalistes concernés par des procédures judiciaires, des médias confrontés à des difficultés financières, des interrogations autour du Code du numérique, un accès à l’information publique qui mérite d’être facilité et une autocensure qui progresse dans certaines rédactions.
S’appuyant sur le dernier rapport de Reporters sans frontières publié à Dakar le 30 avril 2026, Ilarion Kingnon a indiqué que le Bénin occupe la 113e place sur 180 pays, avec un recul de 21 places en un an. Pour lui, ce classement n’est pas une fatalité mais « un signal qui doit nous amener à redoubler d’efforts, collectivement ».
Le Président de la PADeM-Bénin a reconnu l’ambition du Président élu, Romuald Wadagni mais a exprimé le souhait que la presse y trouve sa place afin d’accompagner la vision d’un Bénin émergent.
Pour la PADeM-Bénin, il faut rendre effective l’aide de l’État à la presse privée afin qu’elle devienne un soutien concret, rendre opérationnel le Fonds d’appui au développement des médias pour appuyer les rédactions, envisager des allègements fiscaux adaptés aux réalités des entreprises de presse, promouvoir des partenariats équilibrés entre institutions et médias et enfin lancer un vaste programme de formation continue au profit des journalistes. Il a souligné qu’un journaliste bien outillé constitue le premier rempart contre la rumeur. Le Président de la PADeM-Bénin estime que le développement est difficile sans presse libre et la paix reste fragile sans médias indépendants.
Responsabilité et éthique au cœur de la profession
Le discours a également insisté sur la responsabilité des professionnels des médias. Ilarion Kingnon a exhorté ses confrères à refuser la facilité, à résister aux compromissions financières et à combattre la désinformation. Il a rappelé que l’éthique, la vérification et la solidarité sont les piliers du métier. Selon lui, l’exemplarité est la condition du respect et la responsabilité, celle de la liberté.
Il a conclu par deux appels. Aux autorités, il a demandé d’honorer l’engagement du Bénin au titre de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de revoir ensemble les dispositions qui suscitent des inquiétudes et de privilégier le dialogue à la sanction. Il a estimé que « protéger la presse, c’est protéger la République ». Aux journalistes, il a recommandé de garder la tête haute et la plume droite, de répondre au doute par plus de rigueur et à la division par plus d’unité.
Pour Ilarion Kingnon, cette Journée n’est pas une fête mais une promesse : celle de se battre pour qu’aucun journaliste ne craigne la prison pour un mot. Il a réaffirmé que « la paix se façonne avec des journalistes libres » et qu’elle « grandit avec des journalistes responsables ».
✍️ Coll.Ext






