La décision de la Cour constitutionnelle validant les résultats de l’élection présidentielle du 12 avril 2026 met un terme au temps du verdict des urnes. Le duo Romuald Wadagni-Mariam Chabi Talata est désormais investi d’une légitimité à la fois électorale et institutionnelle. Mais dans une démocratie vivante, la légitimité ne se conserve pas : elle s’entretient, elle se prouve, elle se renouvelle par l’action.
Cette victoire, nette et dès le premier tour, porte en elle les signes d’un large consensus. Elle traduit l’adhésion d’une partie significative de la classe politique, des forces sociales et d’une opinion publique en quête de stabilité et de continuité. Dans un environnement sous-régional marqué par des incertitudes, le Bénin fait ainsi le choix de la consolidation plutôt que de la rupture.
Mais cette apparente stabilité est aussi porteuse d’exigences. Car si le scrutin a tranché, il n’a en rien apaisé les attentes. Bien au contraire, il les a amplifiées. Emploi des jeunes, pouvoir d’achat, inclusion économique, cohésion sociale : les priorités sont connues, les urgences identifiées, les regards désormais tournés vers l’action ayant pour reflet et repères, le projet de société et la vision de Monsieur le Président Romuald Wadagni. Ainsi donc, le véritable défi commence ici. Transformer une victoire politique en réussite économique et sociale. Convertir la confiance exprimée dans les urnes en résultats tangibles dans le quotidien des Béninois. Donner corps à l’espoir suscité. C’est à cette aune que sera jugée la nouvelle équipe dirigeante. Et c’est une véritable épreuve de crédibilité.
Dans ce contexte, le style de gouvernance sera déterminant. Une victoire large peut ouvrir la voie à une gouvernance inclusive, capable de rassembler au-delà des clivages. Elle peut aussi, à l’inverse, nourrir une tentation de repli et de concentration du pouvoir. Le choix n’est pas anodin : il conditionne la qualité du climat politique des années à venir.
Face à cela, l’opposition, bien que battue, conserve toute sa place. Sa capacité à se réorganiser et à jouer pleinement son rôle de contrepoids sera essentielle à l’équilibre démocratique.
Au fond, la Cour constitutionnelle n’a pas seulement proclamé un résultat. Elle a ouvert une nouvelle séquence politique, plus exigeante, plus scrutée, plus décisive. Le temps de la victoire est clos. Celui de la crédibilité commence.
✍️ GKF

