Invité de l’émission Zone Franche sur Canal 3 Bénin hier dimanche, l’ancien député et ex-vice-président du parti Les Démocrates, Basile Ahossi, a livré une analyse sans détour de l’actualité politique nationale. De la démission de Boni Yayi à la tête des Démocrates aux critiques sur le système partisan, en passant par sa proximité assumée avec Romuald Wadagni, l’ancien parlementaire a dressé un tableau à la fois critique et prospectif de la vie politique au Bénin. La démission de Boni Yayi de la tête du parti Les Démocrates est intervenue trop tard, selon l’honorable Basile Ahossi.
Réagissant à la démission de l’ancien chef de l’État Boni Yayi de la présidence du parti Les Démocrates, Basile Ahossi estime que cette décision aurait dû intervenir bien plus tôt. « Je souhaitais cette démission depuis, je le lui ai dit. Le conflit personnel entre le Président Boni Yayi et le Président Patrice Talon paralysait les activités du parti », a fait savoir d’entrée de de jeu l’ex vice-président du parti.
Selon lui, les tensions personnelles entre Patrice Talon et l’ancien président ont lourdement pesé sur la vie du parti et paralysé ses initiatives politiques et plusieurs responsables avaient déjà alerté sur la nécessité pour Boni Yayi de prendre du recul afin de faciliter le dialogue avec le pouvoir.
L’ancien député estime même que cette démission intervient « un peu tard » et s’inquiète désormais de l’avenir de la formation politique qu’il voit menacée de dislocation.
Un parti fragilisé et menacé d’effondrement
Au fil de son intervention, Basile Ahossi a dressé un constat sévère de la situation interne du parti Les Démocrates. Pour lui, les départs successifs de plusieurs responsables et les divergences stratégiques ont progressivement fragilisé la formation politique. L’ancien vice-président du parti n’exclut pas un scénario de disparition.
« Le parti était en train de se disloquer… j’ai peur que le parti disparaisse », a-t-il confié, évoquant également les tensions internes et l’influence de certains responsables autour de l’ancien président Boni Yayi.
Une opposition « muselée » au Bénin
Interrogé sur la vitalité de l’opposition, Basile Ahossi reconnaît son existence mais estime qu’elle évolue dans un climat de peur.
Selon lui, de nombreux acteurs politiques s’autocensurent par crainte de poursuites judiciaires ou d’exil.
Il a notamment évoqué les cas de Joël Aïvo et Reckya Madougou, estimant que la justice, dans de nombreux pays, intervient aussi dans la régulation des rapports politiques.
Tout en saluant certaines réformes récentes du système judiciaire, il plaide toutefois pour une meilleure protection des magistrats contre les pressions politiques.
Un regard critique sur le système partisan
Basile Ahossi s’est également montré très critique vis-à-vis de la réforme du système partisan engagée sous la présidence de Patrice Talon.
Pour lui, cette réforme n’a pas réellement produit le système politique structuré attendu.
Selon l’ancien député, les formations politiques continuent de se recomposer par transferts de militants et alliances opportunistes, ce qui empêche l’émergence de véritables partis structurés.
Soutien assumé à la candidature de Romuald Wadagni
L’un des moments forts de l’entretien concerne le soutien affiché de Basile Ahossi au ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni. Coordonnateur national du mouvement des « Ambassadeurs de Wadagni », il assure que ce soutien n’est lié à aucun arrangement financier.
« Zéro franc », a-t-il insisté, expliquant que sa décision repose avant tout sur sa conviction que l’actuel ministre représente l’une des meilleures options pour l’avenir du pays.
Il affirme également avoir décidé de consacrer ses propres ressources à la mobilisation politique en faveur de cette candidature.
Une vision pour l’avenir du pays
Au-delà des querelles partisanes, Basile Ahossi appelle à un large consensus politique autour de la prochaine élection présidentielle.
Pour lui, le futur président devra rassembler les forces politiques et résoudre certaines tensions héritées des dernières années.
Il exhorte notamment les dirigeants actuels à régler certaines crises politiques avant la fin du mandat présidentiel afin d’éviter de lourds contentieux à leurs successeurs.
Regard sur la vie politique locale
Sur le plan local, Basile Ahossi a reconnu s’être impliqué dans les récentes élections communales dans la commune d’Athiémé, où il dit avoir contribué à la défaite du maire sortant. Toutefois, il assure vouloir désormais accompagner la nouvelle équipe municipale dans l’intérêt du développement de la commune.
✍️ Firmin GBEKAN

