(17 nouveaux visages, 7 ministres reconduits et 6 femmes pour relever les défis)
Quelques heures après avoir prêté serment le 24 mai 2026, le président Romuald Wadagni a signé le décret n°2026-314 qui scelle la composition de son premier gouvernement. Le signal est clair : place à l’efficacité, pas aux calculs politiciens.
Avec 24 ministres dont 5 ministres délégués , l’équipe se distingue par sa physionomie. 17 nouveaux visages font leur entrée, contre 7 ministres reconduits de l’ère Talon. L’objectif affiché est d’assurer une continuité de l’action publique tout en insufflant un sang neuf capable de porter les réformes du mandat. La présence de 6 femmes dans l’équipe initiale, complète cette volonté d’ouverture.
Ministre d’État chargé de l’économie et des finances sous Patrice Talon, Romuald Wadagni connaît l’appareil d’État de l’intérieur. Il aurait pu céder à la tentation d’un “gouvernement de remerciement” pour récompenser les soutiens de campagne. Il a choisi l’inverse. La nouvelle équipe marie des figures expérimentées de l’administration béninoise et des profils techniques recrutés pour leur expertise.
La répartition des portefeuilles stratégiques confirme cette orientation. La Justice reste entre les mains de Yvon Detchenou, garde des Sceaux reconduit. L’économie et les finances reviennent à Aristide Medenou, entouré de ministres délégués dédiés au budget, à la fonction publique, à la dette et à la mobilisation des ressources extérieures. La diplomatie est confiée à Corinne Amori Brunet, tandis que la sécurité intérieure et la défense sont attribuées respectivement à Djibril Mama Cissé Moussa et Gildas Agonkan.
Ce choix s’inscrit dans la promesse de campagne du président : renforcer l’éducation, lier la formation aux réalités économiques et faire de l’innovation un moteur de la nouvelle économie béninoise. La rapidité de la formation du gouvernement dévoilé le jour même de l’investiture envoie aussi un message politique. Là où certains pays de la sous-région mettent des mois à former un exécutif, Cotonou affiche une maîtrise de la transition et une volonté de ne pas perdre de temps.
Reste à voir si cette logique technocratique tiendra face aux équilibres politiques internes à l’UPR et au BR, les partis de la mouvance présidentielle. Pour l’instant, Wadagni dispose. Et il mise sur des hommes et des femmes jugés capables de mettre en œuvre, sans délai, son programme d’action.
✍️ Alassane ADAMOU


