(Bilan des actions menées et défis à relever au cœur d’une rencontre)
La Préfecture du Borgou a servi de cadre ce mercredi 6 août 2025 à une rencontre de haute importance relative à la lutte contre le mariage des enfants. Elle a connu la présence du Préfet Djibril Mama Cissé, du Directeur Départemental de la Police Républicaine du Borgou, du Chef de bureau zone de l’UNICEF, des maires des différentes communes, du 1er ministre de la Cour impériale de Nikki, des Rois de Parakou et de Sinendé, des imams, du représentant des peuls, ainsi que des Chefs des guichets uniques de protection sociale du Borgou.
Faire le bilan du chemin parcouru et envisager de nouvelles orientations à donner à la lutte contre le mariage dans le Borgou ; c’est le bien-fondé de cette rencontre stratégique.
Pour la Directrice Départementale des Affaires Sociales et de la Microfinance du Borgou (DDASM-Borgou), ‹‹ le mariage des enfants est une réalité douloureuse qui continue de compromettre l’avenir de nombreuses filles dans nos communautés. Au-delà de ses impacts sur la santé, l’éducation et le développement personnel, c’est une atteinte grave à leurs droits fondamentaux ››. Elle a également fait remarquer que le fléau peut être combattu si chacun à son niveau joue pleinement son rôle. Noma Seteyi Kpoteina, a souligné les avancées enregistrées dans la lutte contre le phénomène avec l’implication active des leaders religieux notamment les imams, acteurs centraux de la célébration des mariages.
Le Chef de bureau zone de l’UNICEF quant à lui, a dans un premier salué l’initiative du Préfet du Borgou de mettre en place des registres de mariages depuis Octobre 2019. Pendant plus de 5 ans, des actions massives ont été menées dans le département : les nombreux plaidoyers en direction des leaders religieux ; élus communaux et femmes en charge de rituels de bains des nouveaux mariés ; la mobilisation de tous les imams pour l’établissement d’un partenariat avec les mairies, les leaders religieux autour des registres permettant de vérifier l’âge des mariés avant toute célébration ; les différents suivis effectués par la Direction des Affaires sociales de la Microfinance, la préfecture et le bureau de zone de l’UNICEF dans les communes. ‹‹ Ces actions phares ont induit des changements significatifs facilitant l’adoption quasi totale de tous les leaders religieux et élus communaux à l’initiative ainsi que l’enregistrement en 2022 de 5187 demandes de mariages dont 425 ont été rejetées pour défaut d’âge légal ››, a laissé entendre Bernard AGBAGLA, Chef du Bureau de Zone UNICEF Parakou. Il ajoute que ‹‹ Les efforts fournis ont contribué à la réduction de près de 8 points du taux de mariage des enfants dans le Borgou entre 2014 et 2022. Les statistiques indiquent que nous sommes passés de 40% d’enfants mariés en 2014 à 32,2 % en 2022 ››.
Au total, 2937 sites de célébration des mariages religieux musulmans sont mis en place dont 233 en milieux agro-pastoraux. Ces derniers sont regroupés en 867 pôles dont 440 dotés de registres.
Dans son discours du lancement des travaux, le Préfet du Borgou a fait savoir que : ‹‹ le mariage des enfants constitue une violation grave des droits fondamentaux de la personne humaine. Il prive les filles de leur adolescence, interrompt leur scolarité, affecte leur santé physique, mentale et les enferme prématurément dans un rôle auquel elles ne sont ni prêtes, ni préparées.››
Djibril Mama Cissé a fait remarquer qu’à sa prise de fonction en 2016, les indicateurs n’étaient guère reluisants en matière de protection des droits des enfants en particulier des filles. ‹‹ Le Borgou était pratiquement en tête de tous les départements avec un taux de 51,08 %››. C’est mesurant l’enjeu des défis à relever face à ce phénomène, que l’autorité départementale, a pris des initiatives de concert avec les différents acteurs de la chaîne de protection des droits de l’enfant à l’effet d’inverser la tendance. Les différentes initiatives ont permis la sensibilisation et la mobilisation des grandes couches sociales, ainsi que l’organisation d’une série de plaidoyers à l’endroit des autorités locales, des leaders religieux et traditionnels, des responsables des services déconcentrés de l’État et des organisations de la société civile.
Au cours des travaux de cette assise, il a été procédé à la présentation du niveau de mise en œuvre par les communes des conclusions de janvier 2023, présentation des données de couverture actuelle (mars 2025) ainsi que les échanges sur les perspectives.
✍️ Alassane ADAMOU





