(En 72 heures, le technocrate est devenu l’homme du peuple)
Le Président Patrice Talon l’avait dit et il l’a fait. En effet, dans une interview accordée à Jeune Afrique et publiée le 14 mars 2025 soit environ 7 mois plus tôt, Patrice Talon s’était déjà projeté dans la période post-présidentielle. Il y affirmait avec force : « Le prochain président du Bénin sera mon président, celui de mon pays, de ma famille, de ma communauté et de tout ce qui m’est cher. Il est évident que je serai attentif à ce qu’il n’ait pas pour projet de déconstruire les réformes que nous aurons accomplies en dix ans… » .
N’est ce pas ce qui vient de se réaliser avec la désignation de son Ministre d’État chargé de l’économie et des finances, en la personne de Romuald Wadagni ?
Il y a des moments où l’histoire politique d’un pays semble s’accélérer. En l’espace de 72 heures, le Bénin a vécu l’un de ces instants charnières où la désignation d’un homme cristallise non seulement les attentes d’un régime, mais aussi les espérances d’un peuple. Romuald Wadagni, jusque-là perçu comme un technocrate compétent et réservé, vient d’opérer une mue spectaculaire : il est désormais l’homme du moment, l’homme du peuple, investi d’un souffle national qui transcende les appartenances partisanes.
Ce qui aurait pu rester un simple choix stratégique du président Patrice Talon s’est transformé, en quelques jours, en un véritable phénomène politique. Une vague de félicitations, de soutiens et de prises de position inédites s’est abattue sur la scène publique béninoise, confirmant que Romuald Wadagni n’est pas seulement désigné : il est légitimé.
Un rassemblement national inédit
Que faut-il lire dans les soutiens venus de tous bords ? L’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo, figure tutélaire de notre démocratie, n’a pas hésité à saluer publiquement ce choix, relevant dans Romuald Wadagni « une rigueur morale, une compétence éprouvée et un profond attachement aux valeurs républicaines ». Un tel adoubement, venant d’un homme de cette stature, n’a rien d’anodin : il signifie que la relève est possible, et qu’elle est crédible.
Plus surprenant encore, le député Basile AHOSSI, connu pour sa posture d’opposant mesuré, a tenu à marquer sa position : il voit en Wadagni un interlocuteur valable, un homme de dialogue, capable de sortir le débat politique béninois de la conflictualité stérile. Quand l’opposition reconnaît la légitimité d’un choix du pouvoir, c’est que quelque chose d’exceptionnel est en train de se produire.
Enfin, Ousmane Batoko, ancien président de la Cour suprême, homme de loi et d’équilibre, a souligné les qualités de discernement et de loyauté républicaine du candidat désigné. Ce soutien institutionnel et moral achève de dresser le portrait d’un homme autour duquel se dessine une nouvelle idée du pouvoir : le pouvoir au service de l’État, et non l’inverse.
De la compétence à la confiance populaire
Ce qui frappe dans cette montée en puissance, c’est la manière dont la base populaire s’est appropriée Romuald Wadagni. Ce dernier n’a pas eu besoin de discours populistes, ni de promesses creuses. Il lui a suffi d’exister dans le regard du peuple comme un homme sérieux, intègre, visionnaire, pour que la machine s’emballe.
La jeunesse, longtemps tenue à distance des grandes décisions politiques, voit en lui un modèle d’ascension républicaine. Les professionnels, les intellectuels, les entrepreneurs reconnaissent sa signature dans la stabilité macroéconomique du pays. Les couches défavorisées perçoivent en lui un homme neuf, non corrompu par les jeux de pouvoir traditionnels, et capable d’impulser une politique de développement plus équitable.
Un tournant pour le Bénin
Ce que révèle l’adhésion massive autour de Romuald Wadagni, c’est une soif de dépassement. Dépassement des divisions partisanes, dépassement des clivages générationnels, dépassement des routines politiques.
En trois jours, Romuald Wadagni a prouvé qu’il était plus qu’un dauphin : il est un recours. Un point d’équilibre. Une synthèse entre la continuité de l’action publique et le besoin profond de renouvellement.
Un souffle nouveau sur la République
Il reste, bien sûr, des épreuves à franchir, des débats à mener, des résistances à surmonter. Mais une chose est certaine : le peuple a parlé, et il n’a pas attendu les urnes pour le faire. En 72 heures, Romuald Wadagni est passé du statut de ministre respecté à celui d’homme politique du peuple, avec une assise symbolique et sociale que peu de candidats peuvent revendiquer à ce stade.
Le Bénin n’a peut-être pas encore officiellement choisi son futur président, mais il vient d’adopter un homme.
✍️ Jannot AMESOUWE


