À l’occasion de la visite de terrain de la délégation des ambassadeurs de l’Union européenne au Bénin, le Centre Saint-Camille de Bohicon a présenté les résultats concrets de la coopération internationale dans le domaine de la santé mentale. Grâce à un appui structurant de la Belgique, ce centre fondé en 2006 par Grégoire Ahongbonon a renforcé ses capacités de prise en charge et développé un modèle de réinsertion professionnelle dont Jocelyne Alavo est aujourd’hui l’un des exemples les plus aboutis.
Une coopération bilatérale à fort impact social
La santé mentale demeure un défi majeur dans de nombreux pays africains, où les infrastructures spécialisées sont encore insuffisantes et les moyens limités. Au Bénin, le Centre Saint-Camille s’est progressivement imposé comme une référence en matière de prise en charge psychiatrique et de réhabilitation psychosociale.
Ce positionnement doit beaucoup au partenariat noué avec la Belgique. L’appui belge a permis : le renforcement des infrastructures d’accueil ;
l’amélioration des conditions de traitement et d’hébergement ; la professionnalisation des équipes ; la mise en place d’un mécanisme innovant de réinsertion des patients stabilisés.
Au-delà de l’assistance financière, il s’agit d’un accompagnement structurel qui consolide la gouvernance du centre et garantit la durabilité des actions engagées.
Une visite européenne pour évaluer l’impact
La récente descente sur le terrain de la délégation des ambassadeurs de l’Union européenne au Bénin visait précisément à mesurer l’impact des financements et des appuis techniques consentis.
À Bohicon, les diplomates ont pu constater que la coopération ne se limite pas à des investissements matériels. Elle produit des résultats humains tangibles.
Parmi eux : la trajectoire de Jocelyne Alavo.
De patiente à gestionnaire : l’illustration d’un modèle réussi
Âgée de 45 ans, mariée et mère de deux enfants, Jocelyne Alavo a intégré le centre en 2018 après quinze années d’errance liées à des troubles psychiques déclenchés à la suite d’un drame familial.
Prise en charge au centre de Tokan, elle retrouve rapidement sa stabilité. Mais l’innovation du modèle Saint-Camille ne s’arrête pas à la guérison clinique.
Une fois rétablie, elle est intégrée au personnel. Elle occupe d’abord un poste à la pharmacie, avant d’être affectée comme gestionnaire à Avrankou, puis à Bohicon, où elle exerce actuellement.
Aujourd’hui, elle participe à l’administration quotidienne du centre et contribue à l’encadrement des patients.
Son parcours illustre l’approche promue par le partenariat belge :
soigner, stabiliser, former et réinsérer.
Un modèle de réhabilitation durable
Le Centre Saint-Camille emploie aujourd’hui une proportion significative d’anciens patients rétablis. Cette orientation stratégique :
favorise la dignité et l’autonomie économique ;
réduit la stigmatisation ;
crée un environnement empathique pour les patients en cours de traitement ;
renforce la cohésion interne.
Ce modèle de réhabilitation psychosociale, consolidé grâce au soutien belge, constitue désormais une référence dans le paysage sanitaire béninois.
Une coopération qui dépasse l’assistance
La coopération Belgique–Bénin dans le domaine de la santé mentale démontre qu’un partenariat bien structuré peut générer un impact systémique.
À travers le Centre Saint-Camille, l’appui belge contribue : à la consolidation du système de santé ; à la promotion des droits et de la dignité des personnes souffrant de troubles mentaux ; à la construction d’un dispositif pérenne de réinsertion sociale.
La visite de la délégation européenne aura ainsi permis de mettre en lumière une évidence : derrière les lignes budgétaires et les accords diplomatiques, il y a des vies reconstruites. Et c’est justement le but visé par la Belgique, nous apprend Son Excellence Sandrine Platteau, l’Ambassadrice. En effet, dit-elle, » le but de notre visite au Centre Saint Camille, c’était en priorité de parler de la coopération décentralisée. Et pour le cas de ce centre, c’est un partenariat avec la commune de Zoersel qui a déjà plusieurs projets à Bohicon depuis plus de 15 ans. Et l’objectif c’est de montrer ce centre qui s’occupe des personnes atteintes de maladies mentales, montrer que ce n’ est pas une fatalité, qu’on peut les guérir. Et nous nous réjouissons qu’il y enregistre de bons taux de guérison au delà de 80%. Le cas de dame Jocelyne Alavo est un signe d’espoir. Il y a plusieurs projets dans les domaines d’infrastructures, de la nutrition, de l’économie, mais le développement c’est aussi le social. On dit parfois qu’un pays développé c’est aussi celui qui prend soin des vulnérables. Et c’est l’objectif que nous avons visé afin que l’on n’oublie la dimension humaine dans nos partenariats « , a indiqué la diplomate.
À Bohicon, la coopération internationale avec la Belgique prend un visage.
Celui de Jocelyne Alavo.
✍️ GKF

Sandrine Platteau, Ambassadrice de Belgique au Bénin

