Bénin : l’Association des blogueurs du Bénin plaide pour une relecture de l’article 550 du Code du numérique

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PAR Rédaction

11 octobre 2026•3 min de lecture• 0 vues•PUBLIÉ À COTONOU
Bénin : l’Association des blogueurs du Bénin plaide pour une relecture de l’article 550 du Code du numérique
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L’Association des blogueurs du Bénin (ABB) a animé, ce mercredi 30 septembre 2026 à Cotonou, une conférence de presse marquant le lancement officiel d’une campagne de plaidoyer de trois mois intitulée « 550 : Corriger sans emprisonner ». La rencontre a réuni des acteurs des médias, des membres d’organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers (PTF), ainsi que d’autres parties prenantes.

« Contribuer à la relecture de l’article 550 du Code du numérique à travers un processus de sensibilisation, d’information et de mobilisation de l’opinion publique » : tel est l’objectif principal de cette campagne de plaidoyer médiatique portée par l’Association des blogueurs du Bénin.

Présent à cette activité, Eugène DEGUENON, chargé de projet et coordonnateur de la campagne, a expliqué qu’il s’agira, plus spécifiquement, « d’alimenter un débat public éclairé sur les enjeux liés à la liberté d’expression en ligne, à la régulation des contenus numériques et à la sécurité juridique des usagers de l’espace digital ».

De son côté, Komla Bassah, conseiller juridique du projet RÉCIT au Bénin et représentant d’Avocats sans Frontières Canada, a expliqué les motivations de l’appui apporté à cette initiative. « Notre objectif est qu’à partir des activités qui seront lancées, cette campagne puisse toucher les décideurs qui, à moyen ou à court terme, prennent des décisions qui puissent être en faveur de la liberté », a-t-il affirmé.

Clarifier la loi sans renoncer à la protection des citoyens

Pour sa part, Emmanuel GANSÈ, président de l’Association des blogueurs du Bénin, a tenu à clarifier la démarche de son organisation et à rassurer les différentes parties prenantes quant aux intentions de ce plaidoyer.

« Notre démarche aujourd’hui ne consiste pas à remettre en cause la nécessité de protéger les citoyens contre le harcèlement, les menaces ou les violences commises dans l’espace numérique. Cette protection est nécessaire et doit demeurer. Notre réflexion porte plutôt sur une question simple : notre loi est-elle suffisamment précise pour que chacun sache clairement ce qui est interdit et ce qui ne l’est pas ? », a-t-il déclaré.

Selon lui, une relecture de l’article 550 du Code du numérique permettrait de clarifier certaines expressions jugées ambiguës et de mieux définir les responsabilités des usagers de l’espace numérique.

« Cette précision permettrait notamment de mieux distinguer l’erreur, la maladresse ou la négligence, d’un côté, et le comportement volontairement malveillant ou manifestement dangereux, de l’autre. Il pourrait donc être utile d’examiner une rédaction plus précise de l’article 550, qui définisse notamment la répétition des actes, leur caractère menaçant ou hostile, l’intention ou la connaissance de leur auteur, ainsi que la gravité du préjudice subi », a ajouté le président de l’AB-Bénin.

Des actions en perspective pour un impact plus large

Intitulée « 550 : Corriger sans emprisonner », la campagne se déroulera sur trois mois et s’articulera autour de trois objectifs majeurs à savoir : vulgariser le contenu de l'article 550 en français facile, en Fon, en Yoruba et en Bariba ; porter auprès des députés quatre propositions d'amendement concrètes ; et ouvrir un cadre d'échange avec la HAAC, le Ministère du Numérique et de la Digitalisation et la Présidence de la République.

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs actions seront déployées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok et X. Elles seront complétées par une série de productions médiatiques comprenant des messages de sensibilisation, des vidéos de plaidoyer et des photoromans. L’ensemble de ces contenus sera diffusé sous le hashtag #Relire550, avec pour ambition de toucher 500 000 personnes sur les plateformes numériques.

Pour rappel, selon les éléments présentés par les initiateurs de la campagne, l’article 550 du Code du numérique, dans sa rédaction de 2018, prévoit une peine d’emprisonnement d’un à six mois et une amende de 500 000 à 1 000 000 de francs CFA pour quiconque initie ou relaie une fausse information contre une personne sur les réseaux sociaux.

À travers cette campagne, l’Association des blogueurs du Bénin entend ainsi susciter un débat public autour de la précision de cette disposition, de ses implications pour les usagers du numérique et des possibilités de son évolution.

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