Depuis plusieurs années, la libre circulation des personnes et des biens constitue l’un des piliers de l’intégration au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour renforcer davantage cette dynamique, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec la CEDEAO, a organisé un atelier de sensibilisation des professionnels des médias sur la mise en œuvre de la Carte d’identité biométrique nationale de la CEDEAO (ENBIC).
L’objectif de cette rencontre est d’outiller les journalistes afin qu’ils puissent mieux informer les populations sur l’utilité de cette carte ainsi que sur les avantages qu’elle offre aux citoyens de l’espace communautaire. L’activité a réuni plusieurs partenaires nationaux et internationaux, notamment l’Union européenne.
Un outil au service de l’intégration régionale
Circuler librement dans l’espace CEDEAO sans tracasseries administratives est aujourd’hui une réalité rendue possible grâce à l’ENBIC. Selon Seve Diomande, Programme Manager (intérim) du projet « Support to the Free Movement of Persons and Migration », l’adoption de cette carte s’inscrit dans le cadre du renforcement de l’intégration régionale et de la facilitation de la mobilité des citoyens.
À cet effet, l’Autorité des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO a adopté, en décembre 2014, la décision A/DEC.01/12/14 approuvant le déploiement de l’ENBIC comme document officiel d’identité et de voyage au sein de la communauté. Cette décision est venue remplacer le certificat de voyage de la CEDEAO par un système d’identification plus moderne, sécurisé et efficace.
Une carte plus sûre et plus performante
Pour Chimène Lougbegnon Bossa, Directrice de l’Émigration et de l’Immigration (DEI), l’ENBIC est une carte biométrique lisible par machine conçue pour faciliter la circulation transfrontalière tout en renforçant les systèmes de gestion de l’identité.
Elle explique que ce document marque une rupture avec l’ancien certificat de voyage, un document papier rempli manuellement et offrant peu de garanties de sécurité. Conforme à la norme 9303 de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), la carte biométrique permet une identification plus fiable des voyageurs et contribue à une meilleure gestion des frontières.
La directrice a également rappelé que tout citoyen disposant d’une carte biométrique valide ou d’un passeport en cours de validité ne doit verser aucune somme d’argent à un agent ou à un officier de contrôle aux frontières de l’espace CEDEAO.
De nombreux avantages pour les citoyens
De son côté, Albert Siaw-Boateng, Directeur de la libre circulation des personnes, de la migration et du tourisme à la CEDEAO, a insisté sur les nombreux avantages liés à l’utilisation de l’ENBIC.
La carte facilite notamment la libre circulation des citoyens sans obligation de passeport international dans l’espace communautaire. Elle renforce également la sécurité aux frontières grâce à ses données biométriques qui limitent les risques de fraude et d’usurpation d’identité.
Elle garantit en outre les droits consacrés par le Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation, notamment le droit d’entrée, de séjour et d’établissement dans les États membres, ouvrant ainsi davantage d’opportunités aux voyageurs, entrepreneurs et investisseurs de la région.
Sept pays déjà engagés
À ce jour, sept pays de la CEDEAO ont déjà mis en œuvre le système ENBIC. Il s’agit du Bénin, du Sénégal, du Ghana, de la Gambie, du Nigeria, de la Sierra Leone et de la Guinée-Bissau.
Au Bénin, l’obtention de cette carte passe notamment par l’enrôlement au RAVIP. Les citoyens peuvent effectuer les démarches auprès de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) ou en ligne, moyennant un coût de 6 000 francs CFA.
Par cette campagne de sensibilisation, la CEDEAO et ses partenaires entendent accélérer l’adoption de l’ENBIC afin de faire de la libre circulation une réalité pleinement vécue par les populations ouest-africaines.
✍️ Moubarack ASSOUMBOLO








