Le match nul concédé par le Sénégal face à la RDC lors de la deuxième journée dans le groupe D, a mis en lumière certaines limites dans le jeu des Lions de la Teranga. Dans ce contexte, une sélection béninoise renforcée par le retour de plusieurs titulaires et plus rigoureux dans les deux surfaces peut raisonnablement viser un résultat.
Sur le papier, l’affiche Sénégal–Bénin semble déséquilibrée. Le champion d’Afrique 2022 dispose d’un effectif plus dense, plus expérimenté et habitué aux grandes compétitions. Pourtant, l’analyse du dernier match du Sénégal face à la RDC invite à nuancer ce constat. Les Lions ne sont pas invincibles, et plusieurs indicateurs laissent entrevoir une fenêtre d’opportunité pour les Guépards.
Un Sénégal dominateur, mais perfectible
Face à la RDC, le Sénégal a affiché une domination territoriale relative, mais sans réelle efficacité. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : malgré une possession supérieure et un nombre d’occasions plus élevé, les Sénégalais n’ont inscrit qu’un seul but, sur penalty. Dans le jeu, la sélection sénégalaise a souvent manqué de précision dans le dernier tiers, multipliant les centres mal exploités et les frappes non cadrées.
Sur le plan défensif, le Sénégal a également montré des fragilités, notamment dans les phases de transition. La RDC est parvenue à se projeter rapidement et à exploiter les espaces laissés derrière les latéraux sénégalais. Ce déséquilibre structurel peut être une clé pour un adversaire bien organisé.
Le retour des titulaires, un tournant pour le Bénin
Lors de sa première sortie contre la RDC, le Bénin était privé de cinq titulaires, ce qui a fortement limité ses options tactiques. Leur retour permet au sélectionneur béninois de retrouver un onze plus cohérent, notamment :
une charnière défensive plus solide, un milieu capable de mieux fermer les espaces,
et une attaque plus équilibrée, moins dépendante des actions isolées. Suspendus d’entrée contre les léopards de la RD Congo, le capitaine Steve Mounié en attaque, Mohamed Tidjani en défense, Junior Olaïtan en milieu de terrain et le gardien Marcel Dandjinou, ont permis à l’équipe de retrouver sa stabilité à l’occasion du deuxième match de la compétition face au Botswana soldé par une victoire sur le score de 1-0.
Avec ces ajustements, le Bénin peut évoluer dans un bloc médian compact, réduire les espaces entre les lignes et forcer le Sénégal à jouer sur les côtés, là où son efficacité reste irrégulière.
La bataille des surfaces
C’est sans doute là que se jouera le match. Le Sénégal a montré face à la RDC qu’il lui fallait beaucoup d’occasions pour marquer. À l’inverse, le Bénin devra se montrer plus clinique. Les Guépards se créent peu d’opportunités, mais avec une meilleure qualité de finition — tirs plus rapides, meilleure occupation de la surface, exploitation des coups de pied arrêtés — ils peuvent faire la différence.
Dans une rencontre où le Sénégal devrait avoir le ballon, l’efficacité béninoise dans les moments clés sera déterminante.
Un précédent historique à ne pas négliger
Même si les confrontations directes restent majoritairement favorables au Sénégal, le Bénin a déjà battu les Lions à Cotonou. Ce succès, bien que lointain, rappelle que l’écart n’est pas insurmontable lorsque le Bénin est bien organisé et discipliné. Plus récemment, les confrontations ont souvent été serrées, preuve que le rapport de force tend à se resserrer.
En conclusion, ce sera un match plus ouvert qu’il n’y paraît. Le Sénégal reste favori, mais son dernier match a montré qu’il pouvait être contenu et parfois mis en difficulté. Si le Bénin consolide son assise défensive, maîtrise mieux les temps faibles, et améliore son efficacité offensive, alors un match nul apparaît comme un objectif réaliste, et une victoire, sur un scénario maîtrisé, ne relèverait pas de l’exploit absolu. En CAN, la rigueur tactique et l’efficacité priment souvent sur le statut.
Les Guépards du Bénin s’appuient d’abord sur une solidité défensive mais possèdent également des atouts offensifs capables de leur permettre de faire la différence dans un match. À cet sujet, Mamadou Niang, ancien joueur des Lions de la Téranga désormais consultant sur Canal+ Sport a laissé entendre que l’équipe béninoise possède des armes capables de mettre en difficulté le Sénégal. L’ancien attaquant Sénégalais a notamment mis un accent particulier sur Steve Mounié très fort de la tête qui peut être une menace pour la défense de son pays.
Quoi que qualifiés avant cette dernière rencontre de groupes, les Guépards du Bénin devront tout de même rester conquérants sur le terrain avec l’objectif de rivaliser avec l’un des mastodontes du football africain. Si la qualification pour les huitièmes de finale est déjà en poche, la sélection béninoise peut étendre son honore sur l’échiquier continental en battant non seulement l’une des meilleures équipes du continent mais aussi en terminant en tête ou deuxième du classement dans d’un groupe D très relevé. Le sélectionneur Gernot Rohr et sa troupe sont face à un challenge à la fois historique et honorifique.
✍️ Firmin GBEKAN

